LES TROIS VIRUS TURCS

La discussion concernant une possible accession de la Turquie à l’Union Européenne souffre de trois virus débilitants qui ont été introduits par les Turcs et leurs complices:

Virus 1 : déplacement de la discussion de la question correcte : POURQUOI LA TURQUIE ? vers la question erronée : LA TURQUIE, POURQUOI-PAS ?
(voir mon petit essay ci-dessus- ou bien – comme disait un roi Bourbon de Naples : « un cigare et une décoration on ne refuse pas à un gentilhomme » ….de même l’accession à l’UE)

virus numero 2 : le concept de Europe= CLUB CHRéTIEN ou bien CLUB DE PAYS CHRéTIENS (on conait différentes formulations de Schauble et d ‘autres).
Par ce virus les Turcs on pu ériger un monstre (Don Quijote attaquant un moulin à vent) imaginaire. Mais en ridiculisant et en bagatellisant la question identitaire et par un jeu d’ intimidation des lecteurs européens les trucs peuvent frapper le cœur de l’identité la plus profonds de l’ Europe et ses intérêts stratégiques

Evidemment le Club Chrétien, en tant que tel, dans sa formulation stricte n’existe pas et la question devient donc immédiatement ridicule.
En effet presque aucun pays Européen (sauf peut-etre la Grèce ?) a des structures juridiques et politiques favorisant explicitement le christianisme sur ‘autres croyances.
Mais derrière ce constat il y a une autre réalité que les turcs tachent de frapper.

Les pays d’Europe quoique ne pas explicitement chrétiens sont quand-même implicitement chrétiens (basés sur la Bible Juive et le Nouveau Testament Chrétien, avec en plus l’heritage grec, et l’heritage romain qui ont pu être incorporés dans ces traditions ; des éléments que la Turquie ne partage pas avec nous).
Cette appartenance chrétienne (avec ses enrichissements grecs et romains) est réelle et nécessaire. L’héritage chrétien n’est pas en jeu comme constitution juridique, mais il joue un role comme substrat nourricier, dont toute notre vie politique dépend.
Sans ce substrat nourricier les traditions civiques, par exemple celles célébrées à « Copenhague » comme la démocratie, les droits de l’homme etcetera ne survivraient pas longtemps. Sans cet héritage « homo homini lupus » l’homme sera sous peu un loup envers ses semblables.
Pour affronter nos taches du futur en Europe et dans le monde, nous-autres, européens, nous devrons conserver cet héritage chrétien. La protection culturelle est autant nécessaire que la protection de l’environnement physique. Cette dernière est désormais bien reconnue. Pourquoi nous négligeons la première ?

C’est pourquoi nous ne pouvons pas accepter la candidature turque. Telle accession diminuerait trop sensiblement l’homogénéité qui depuis deux mille ans quand-même (en dépit de quelques siècles de guerre civile en Europe) caraterise notre continent.

En déplaçant la discussion de la réelle et nécessaire « Europe Chrétienne » vers un concept « club chrétien » dans sa formulation qui doit la rendre ridicule au grand public, la Turquie fausse la discussion. C’est le deuxieme virus qu’elle a introduit dans les pourparlers diplomatiques et politiques de ces 40 ans.

Dans l’expression « Club Chrétien » même le mot « club » contient un virus. L’ idée de l’Union Européenne comme « club » doit ridiculiser le processus d’admission de nouveaux membres. Mais les règles internes de l’Union Européenne sont d’une telle complexité que la comparaison à un « club » est bien juste et utile. L’Allemagne et la France découvrent aujourd’hui à quel degré (par exemple concernant le pacte de stabilité) le « club » européen peut être contraignant. Nous pensons en effet que les contraintes inhérentes aux structures de l’UE seraient trop lourdes pour la Turquie. Si la Turquie laisse perdre son obsession pour l’admission comme membre de l’Union Europénne nous pourrions deviser d’autres formules de coopérations plus appropriées. L’idée de « club » prise en ridicule par les Turcs, a pour objectif de dévier la discussion et constitute donc elle aussi un virus qui fausse le dialogue.

Le virus numero 3 est, lui-aussi, une trouvaille géniale. Les turcs parlent toujours et exclusivement de leur vocation d’appartenir à l’Union Européenne sans jamais parler d’une vocation que l’Europe pourrait avoir oui ou non d’accepter la Turquie. Cela aussi a déplacé toute la discussion . Mais au fond ce virus est simplement une variante du virus numero 1, parce qu’ il doit masquer le manque absolu de arguments en faveur d’une accession turque et prévient une réponse à la seule question qui est légitime : »Piourquoi devrions nous admettre la Turquie » .
S’opposer à une « vocation » quelconque, et encore à une vocation d’appartenir à l’Europe, est jugé mal seyant. Quel argument génial!

En somme les Turcs sont grands dans les relations publiques et dans la désinformation. Ils sont vraiment bien dans les salons mondains!
Il faudra bien exposer au public ces trois virus afin de désintoxiquer nos con-citoyens

Anton Smitsendonk

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About dutasia

Former Ambassador of the Netherlands, presently National Commissioner for Thailand and for Indonesia in the ICC, the International Chamber of Commerce, the World Business Organization. Chairman of China Carbon Forum in Beijing, China.
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