CONFUCIUS ATTENDAIT-IL JESUS-CHRIST ?

sur cette question etonnante que nous pose Xavier Walter nous avons
la suivante NOTE DE L’EDITEUR

Dicté par l’actualité, ce livre établit le rapport spirituel entre christianisme et confucéisme dont il rappelle l’exceptionnelle humanité ; il s’interroge sur l’échec des missions d’hier et fonde une réelle espérance sur l’analyse de la conversion, au XXe siècle, d’un Chinois pétri d’éducation confucéenne.
L’actualité ? « Le peuple chinois est profondément désabusé sous l’effet des fausses doctrines hier, de la corruption aujourd’hui », dit le préfacier, il parle de « vide spirituel », d’une réaction « pas facile à déceler ».
Ce vide, pourtant, nombre de Chinois cherchent à le combler.
À l’aide de la tradition : autels domestiques partout, géomancie, émissions sur Confucius, fréquentation des temples et, n’en déplaise au pouvoir qui lui fait la chasse, adhésion à Falungong, à son gourou douteux, au qigong et à ses appels au fonds religieux national.
Le christianisme y concourt : ferveur catholique, essaimage des « églises domestiques » évangéliques. Le gouvernement suit le mouvement, se réfère à Confucius que Mao haïssait, à sa sollicitude pour autrui, reconnaît le « fait religieux ».

À Pékin dans le jardin de Wutasi qui rassemble les stèles érigées jadis sur les tombes de missionnaires européens, une plaque récente dit : « Ils ne cherchèrent pas seulement à prêcher le christianisme, ils apportèrent à la Chine les sciences de l’Occident, et firent connaître à l’Occident la sagesse de la Chine ».
Fini les auxiliaires de l’impérialisme ! Au congrès du PC, en 2007, Hu Jintao affirmait « la volonté du Parti d’utiliser le rôle positif des croyants pour promouvoir le développement économique et social ».
Un cadre l’assure : « Une fois que le prolétariat a pris le pouvoir, il ne doit plus considérer la religion comme une ennemie, mais comme un miroir où se lit ce qu’il convient d’améliorer ».
Miroir du présent et du passé, outil confucéen où lire l’avenir !
En 2008, la Conférence consultative du peuple chinois engage le pouvoir à « suivre une politique de liberté en matière de croyances religieuses », recommande « une étude approfondie des problèmes que peuvent poser les rapports avec la religion, afin d’utiliser de façon achevée le rôle positif de la religion dans la promotion de l’harmonie sociale ».

Promouvoir « l’harmonie », quête essentielle de Kongzi, ce « saint au sens strict du mot » (Marcel Granet) !
Mais si, pour lui « dans l’usage des rites, le plus précieux est l’harmonie », on ne saurait « cultiver l’harmonie pour elle-même ».
À quelle fin, alors ?
Concourir au dao – « la Voie qui ne peut être appréhendée par l’esprit discursif » – par la pratique du ren – « vertu d’humanité, bienveillance envers autrui, universelle et désintéressée ».
Par le ren, l’homme (ren aussi mais écrit autrement) « participe à la vertu du Ciel », concourt, à sa mesure, à l’harmonie de l’univers.
Le chrétien qui l’a compris ne s’étonnera pas de l’acte de foi de Lu Zengqiang, confucéen de formation, chrétien de vocation : « Le confucéisme dont les normes de vie morale sont si bienfaisantes trouve dans la révélation chrétienne le complément de lumière qui résout les problèmes devant lesquels nos sages ont eu l’humilité de s’arrêter », jugeant notamment hors de leur pouvoir de cerner l’essence du Ciel à la Volonté toute puissante.
La prise de conscience de l’humanité profonde du confucéisme originel, l’aveu de Lu, rayonnant de foi en Jésus-Christ et d’amour pour la Chine et la tradition confucéenne, ont convaincu Xavier Walter que la Chine d’aujourd’hui que travaille le doute ne saurait se trahir en recevant la Parole qu’a prêchée Ye Su, « l’étranger qui a ressuscité ».
Lui est apparu que le retour au vrai Confucius « qui poursuit ce qu’il sait être impossible », et à ses « normes de vie morale si bienfaisantes », était, sous la souveraineté éternelle du Ciel originellement muet, la porte ouverte au Verbe !
Se référant à la parabole du grain de sénevé (Matt. 13,31), le futur Benoît XVI évoquait, en 1998, « la lente croissance de l’Église en Chine, qui est de la taille d’une graine de moutarde », appelée à être demain un « arbre immense dont les branches permettront aux oiseaux de construire leur nid ».
Or, nul terreau ne saurait être plus favorable à cet essor aux dehors miraculeux que l’enseignement confucéen authentique !

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Ayant un lien de grande appreciation et d’amitie avec l’ecrivain Xavier WALTER et en liaison frequente d’echange de vues sur les choses de Chine j’avais bien volontiers adhere a l’inivtation honorable d’ecrire un avant propos.
Passant la plus grande partie de l’annee en Chine, la presence de Confucius dans la mentalite actuelle du peuple chinois n’etait pas pour moi une chose evidente. Mes impressions, avec toute admiration pour loa persistance et l’energie du peuple chinois etait plutot celui d’une mentalite mercantile. Les tentations des nouveaux produits de luxe et de vie pratique, cobine avec la possibioite finalement apparue de ganger de l’argent, semblent occuper tout l’esprit de la Chine, et laisser peu de place aux choses de hier ou bien choses qui nous depassent, les choses du Ciel, “Tian Yi”

Si Xavier Walter a pu accepter la note d’ observatrion plus froide et parfois sceptique, j’invite aussi le lecteur de faire de meme.

voir avant propos sur la page suivante

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ANTON SMITSENDONK
Preambule

Un appel du vide, – Préambule « en creux »

Pourquoi un préambule « en creux » ? Parce que Xavier Walter s’autorise des classiques chinois, quand je parle seulement en observateur, imparfait, mais assidu depuis quelques décennies, de la vie chinoise. Lui part de la valeur sûre du confucéisme qui peut, dans une même personne, coexister en pleine harmonie avec le christianisme, évoque une Chine à l’enviable richesse en régénération et le fait avec confiance. Moi, je pars de la constatation d’un vide certain dans la vie quotidienne des Chinois. Ce vide, je le vois hérité du poids des pseudo-confucéismes qui, au fil des siècles, ont asservi ce peuple au lieu de l’émanciper, et de la destruction de la confiance mutuelle, effet – y compris au sein des familles – de la Révolution Culturelle, qu’entretient aujourd’hui la « gloire de devenir riche ». D’un côté, donc, chez Xavier Walter, nombre de fortes raisons de croire en une revitalisation du confucéisme authentique et, de l’autre, ma vision, plus terre-à-terre, partant un peu plus sombre, née du vide constaté. Cependant, pour une action éventuelle – qu’elle s’autorise de la richesse ou réponde à un appel du vide –, nos démarches concordent dans leur finalité, visent l’heureux même but, le retour de Kong Fuzi.

La Chine n’a-t-elle pas le droit de recouvrer son héritage culturel et moral si riche ? Si, bien sûr ! Mais comme l’a dit Goethe « ce que tu as eu en héritage, il faut encore te l’approprier ». L’avertissement s’adressait à nous autres Européens, et le Ciel sait à quel degré nous sommes en faute ! Qu’en est-il en Chine, aujourd’hui ? Comme autrefois de courageux mandarins, en vrais junzi, (l’« honnête homme » confucéen) prenaient de grands risques pour alerter l’Empereur –, des avocats, des journalistes, des particuliers cherchent à défendre le petit Chinois à qui l’on vole sa maison dans les hutong de Pékin, sa terre dans les campagnes. On trouve ces « junzi » modernes dans le gouvernement, dans la direction des entreprises, dans la vie culturelle, dans les quartiers – et évidemment, dans les prisons.

Si le confucéisme est vraiment ancré dans l’âme chinoise, je le vois en léthargie. Son réveil pour moi ne viendra pas d’un appel d’en haut, mais plutôt d’un large besoin d’en bas. Quand ? Le peuple chinois est profondément désabusé sous l’effet des fausses doctrines hier et de la corruption aujourd’hui. Un vide spirituel et culturel certain accompagne le bien-être matériel en croissance. Un réveil large et profond n’est pas facile à déceler dans la vie de chaque jour. Tant s’en faut. Si Maître Kong accorde grand prix à l’autorité des pères, et inculque aux fils le respect de leurs parents, la Chine d’aujourd’hui se trouve sous la dictature d’enfants uniques qui tyrannisent leurs deux parents et leurs quatre grands-parents pour recevoir les cadeaux que la publicité commerciale impose. Beaucoup de parents semblent avoir abdiqué. Pas de surprise si plus tard ces parents déçus prennent un petit chien, lui donnent un nom comme « Trésor » et lui apprennent à saluer leurs amis…

La Chine connaît une idolâtrie générale de la nouveauté, est sujette à une mégalomanie de mauvais goût, se pliant à une imitation servile des villes modernes d’Europe et d’Amérique. Ces pulsions s’accompagnent d’un rejet des traditions chinoises. Les rappels pontifiants des « te se », les « caractéristiques chinoises », par les hommes du pouvoir sont souvent un faux rituel… Parfois, l’observateur pense que la Chine est en train de perdre son âme. Y concourt la destruction des villes. Voyez le cœur de Pékin où tant de vieilles résidences traditionnelles – les « siheyuanr » , cet héritage exceptionnel – ont été et sont encore, par pans entiers, détruites sans l’ombre d’un scrupule. Folie des vaines grandeurs ! Les Jeux Olympiques nous donneront peut-être à voir si le pays sait aussi résister à la tentation du nationalisme. Confucius et nationalisme ne vont pas ensemble.

Pour toutes ces raisons, un renouveau confucéen me semble nécessaire à la Chine. L’exigent en outre les contraintes d’une économie moderne. Une économie moderne, avec ses structures techniques, ses nuées d’intermédiaires et l’éventail des responsabilités, commande que le climat de méfiance cède la place à un climat de confiance et de coopération. Or, le climat en Chine est encore à la méfiance mutuelle. Outre les pseudo-confucéens et les violences récentes, des dizaines de générations chinoises ont été élevées dans l’esprit du roman Les Trois Royaumes que domine la figure de Cao Cao, prince de toutes les trahisons. Trop d’agents économiques croient encore que complots et trahisons sont toujours nécessaires ! Alain Peyrefitte, grand connaisseur aussi de la Chine, voyait dans la confiance l’indispensable pierre angulaire des sociétés modernes. La Chine ne saurait échapper à cette exigence. Rien saurait mieux la préparer à y répondre que la redécouverte des wuchang – les « cinq vertus » du junzi : bonté, justice et courtoisie, sagesse et loyauté.

Par son analyse, Xavier Walter rend tout à fait recevables les mérites du confucéisme. En outre, il montre avec finesse la compatibilité intime de la doctrine de Kong Fuzi avec le christianisme. Partant du vide et des nécessités modernes, suivant une autre route que lui, j’arrive à la même conclusion et nous nous rejoignons dans l’action. Comment ? Nous pouvons, avec Kong Fuzi, attendre que se manifeste la Volonté du Ciel, et prier. Mais pourquoi, en plus, ne pas offrir aussi à la Chine, avec respect et modestie, un tribut autrement nécessaire et qui serait sans aucun doute mieux reçu que les horloges et les instruments d’astronomie que Matteo Ricci et l’ambassadeur Macartney ont pu lui apporter lors de leurs missions respectives ? Xavier Walter le fait avec son livre ; je songe, moi, à la doctrine sociale de l’Église. J’ai rencontré à Hongkong un groupe de Chinois de tradition bouddhiste qui – tout en restant bouddhistes – se réunissaient pour étudier la doctrine sociale de l’Église catholique, parce que, disaient-ils, ils la jugeaient la plus parfaite qu’on eût jamais trouvée. Cet avis augure bien de l’accueil par la Chine d’une doctrine qui pourrait répondre à un des vœux secrets de Maître Kong. La Chine en tirerait le grand avantage, d’abord, de vaincre son climat de méfiance. Ce don, ensuite, préparerait un retour de Kong Fuzi et (pourquoi pas ?) ouvrirait la voie à la Parole du Christ en Chine, dès lors que l’aura permis le Ciel à l’écoute duquel Maître Kong Fuzi demeurait si fidèlement.

De bonnes initiatives dans ce sens sont déjà en cours. Des institutions comme Justitia et Pax et ACTON Institute ont offert des traductions du Compendium de la Doctrine Sociale – toute la doctrine sociale de l’Église catholique en un volume – et, pour ACTON Institute, L’Agenda Social – en diverses langues asiatiques, le vietnamien, le thaïlandais en coopération avec l’Union internationale des entrepreneurs chrétiens – UNIAPAC ; demain viendra le tour de la langue chinoise .

Le peuple chinois demeure assez désabusé et plutôt méfiant. Mais pas mal de Chinois restent, comme Kong Fuzi et avec lui, « à l’écoute » du Ciel. Récemment, à la télévision de Shanghai, une série d’émissions sur le Lunyu, « Les Entretiens de Confucius », base de l’enseignement du Maître, a connu un grand succès. Alors par la « voie creuse », l’appel du vide et considérant les besoins inhérents à une société moderne, je peux rejoindre l’espérance que cultive Xavier Walter et le remercier pour son entreprise courageuse et son admirable livre.

Anton Smitsendonk
Ancien Ambassadeur
des Pays Bas en Chine

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About dutasia

Former Ambassador of the Netherlands, presently National Commissioner for Thailand and for Indonesia in the ICC, the International Chamber of Commerce, the World Business Organization. Chairman of China Carbon Forum in Beijing, China.
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